• Pascale Bergès

Quand on a un style d’attachement insécure > des répercussions à long terme...

Se sentir bien dans une relation est souvent un chemin chaotique. 

Observer les styles d’attachement qui nous relie à l’autre peut nous aider à prendre conscience de nos besoins.

Il existe quatre styles d’attachements : Sécure, Ambivalent, Évitant et Désorganisé.

Tous les styles d’attachement sont acceptables mais certains vont apporter différents défis relationnels. Il est possible que vous vous identifiez à différents styles d’attachement selon la relation. Il est également possible que vous vous identifiez à différentes caractéristiques dans chaque style d’attachement. Dans tous les cas, tout va bien ! 

Vous vous êtes seulement adaptés comme vous avez pu depuis votre naissance, au monde qui vous entourez, pour survivre.


La fonction de l’attachement dans l’évolution de l’espèce humaine.


D’après la théorie de l’attachement, la représentation de soi et autres, ainsi que les comportements qui en découlent, sont le résultat d’expériences précoces (la première année de vie de l’enfant) qui laissent des traces irréversibles (ou presque).


Lors de la première année de vie, le cerveau humain est doté d’une telle plasticité qu’il est susceptible d’apprentissages durables et quasiment irréversibles.


En effet, du point de vue de l’évolution et de la survie de l’espèce humaine, apprendre rapidement les caractéristiques et le style à travers lequel la mère prodiguait ses soins était très important afin de s’y adapter et ne pas risquer de se retrouver abandonné par la dite mère.


A l’origine de l’espèce, pour s’assurer la survie, les petits humains avaient besoin de déterminer avant de savoir marcher la personne qui leur assurerait soins et protection. Non seulement d’autres adultes pouvaient avoir intérêt à éliminer tous ceux qui avaient des caractéristiques génétiques différentes des leurs mais les petits qui se mettaient à marcher avaient besoin de savoir vers qui se replier en cas de danger.


La sélection a rendu stable cette tendance à l’attachement. De la même manière,la prédisposition à élaborer, à partir des réponses maternelles (qu’elles soient optimales, carentielles ou désorganisées), des comportements difficilement modifiables est aussi une forme d’adaptation et de maintien de l’espèce.


Le mécanisme d’imprinting : une formation précoce de nos représentations du monde.


Ainsi, intervenir pour changer les représentations de soi et des autres oblige à se questionner sur les modalités qui rendent modifiables et réversibles des structures qui sont tendanciellement stables.


La théorie de l’attachement invite à s’interroger sur les conditions susceptibles de faciliter un changement concernant les attentes et les prévisions qui sont le fondement des modèles opérants internes issus de l’imprinting.


Le concept d’imprinting vient de Konrad Lorenz et en particulier de ses expériences avec les oies et les canards. Lorenz démontre que dans les diverses espèces animales la sélection naturelle opère de manière à déclencher, pendant une période de développement donnée dite période critique, une sorte d’horloge biologique qui permet au petit de localiser l’individu qui va avoir un rôle nourricier à son égard. Pendant cette période, une forte disponibilité à apprendre rapidement les caractéristiques de la figure d’attachement est observée. Une fois apprises, ces caractéristiques s’impriment de façon permanente dans la mémoire.


Les modèles internes opérants en lien avec les styles d’attachement.


Dans la théorie de l’attachement, les modèles internes opérants sont les représentations mentales de soi-même et des autres qu’un humain forme dans les interactions avec sa figure primaire d’attachement.


Les modèles internes opérants sont construits à partir des premières expériences affectives et, en particulier, de la disponibilité de la mère à répondre en cas de danger (notamment répondre aux pleurs des bébés ou écouter la colère et la frustration de son jeune enfant).


  • À l’origine des modèles opérants internes se trouve une série d’attentes sur la façon dont la figure d’attachement réagira en situation de stress physique et émotif ainsi qu’une série de prévisions sur le type de réaction de l’individu dans ces mêmes circonstances. Grazia Attili.


C’est la mémoire de ses propres réactions et de celles de la figure d’attachement en situations similaires dans le passé qui créent des attentes vis-à-vis des événements futurs chez les humains. Ces attentes permettent la meilleure adaptation possible à l’environnement et prennent la forme de schémas, comme des filtres dans la sélection et l’élaboration des informations ainsi que des réactions et comportements.


Deux types de modèles émergent des soins reçus dans les premières années de vie.


Des modèles opérants internes qui émergent de soins adéquats :

L’individu se sent sécure par rapport à son besoin d’être protégé parce qu’il a une représentation mentale de sa figure d’attachement en termes de « base sécure », de laquelle il peut s’éloigner pour l’exploration et vers laquelle se rapprocher en cas de besoin. Il est, donc, libre de porter son attention et décoder, sans préjudice possible, les signaux provenant des contextes dans lesquels il vit et peut gérer au mieux les relations interpersonnelles.

Des modèles opérants internes qui émergent de soins inadéquates :

L’attachement de ces individus est qualifié d’insécure.

Ambivalent : mauvaise confiance en soi de l’individu et réalité externe perçue comme dangereuse, jalousie et possessivité dans le couple.

Évitant : confiance uniquement en lui-même de l’individu, réalité externe perçue comme hostile, mise à distance des autres.

Désorganisé : le Moi est menacé et fait peur en même temps, réalité externe perçue comme catastrophique, comportements imprévisibles.


Les modèles opérants internes ont une grande influence sur la structure de la personnalité tout entière de l’individu et tout au long de sa vie. En effet, ces modèles internes opérants obéissent à des paramètres évolutionnistes prévus pour une meilleure adaptation et pour la survie de l’espèce humaine.

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